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Qu'est-ce qui se cache derrière les limites?

Dernière mise à jour : 10 janv.

Poser des limites vous semble commun. Mais qu'en est-il lorsque lorsque celles-ci impliquent de se couper d'un être aimé?


Quand je mets en route un projet, je suis en pleine possession de mes moyens: je pose mes objectifs, je définis la temporalité, je réfléchis aux obstacles, je contacte les bonnes personnes, je suis consciente des paliers à traverser. Bref, je mène ma barque comme je l'entends, je maîtrise le flux et s'il y a des remous, je m'adapte, je me réorganise. Je suis posée, car je sais que la réussite de mon projet dépend de moi et je me fais confiance.


Or, j'ai vécu récemment un épisode dans ma vie personnelle qui m'a passablement secouée. Je me suis sentie dériver et je n'arrivais pas à comprendre l'origine de cette détresse. Il y avait l'inquiétude pour la personne aimée, certes, mais il y avait surtout ce flou à l'horizon. Une brume épaisse, des contours indistincts. Je me suis laissée dire que c'était ma dépendance affective vis-à-vis de cette personne qui me mettait dans cet état de fébrilité. Pourtant, je sentais au fond de moi que le signal d'alarme venait d'autre part.


Et soudain, j'ai compris.


La situation que je vivais échappait complètement à mon contrôle, je n'avais aucune mainmise sur son issue... sur la réussite. J'ai pris conscience que j'étais beaucoup plus contrôlante que ce que je voulais bien admettre. Cela m'a causé un choc, moi qui pensais plutôt bien me connaître et surtout, moi qui me percevais comme relativement cool, détendue. D'ailleurs, je réalise, en vous écrivant, combien le contrôle est une prison.


Aux antipodes du contrôle, il y a le lâcher-prise. Oui, mais c'est si facile à dire: "lâche-prise"! Comment fait-on pour laisser aller, pour faire confiance? Le principe de s'en remettre au destin n'est pas entièrement satisfaisant pour une personne qui, comme moi, a des tendances contrôlantes (enfin je l'admets pleinement). J'ai repensé à mon article de blog précédent, à la nécessité de toujours se centrer sur ses propres besoins. Lorsque l'on se trouve dans une situation qui implique plusieurs personnes, la seule partie que l'on peut gérer est finalement celle qui nous appartient. Et que peut-on faire de mieux que de préciser les contours de son action, à savoir, poser ses limites.


Elles font peur, les limites. Car elles nous coupent potentiellement de l'Autre. Mais elles nous protègent aussi. Ou plutôt, elles préservent notre intégrité, elles nous permettent d'éviter de tomber dans l'oubli de soi. J'ai donc défini:

  • les limites de mon implication dans la situation en fonction de ce que je pouvais donner et ne pas me poser en sauveuse universelle (il y a un monde entre soutenir, encourager et sauver);

  • les limites de ce que je pouvais accepter pour ne pas dévier de mes valeurs ou entrer dans un état émotionnel qui me coûterait trop d'énergie;

  • les limites temporelles, car je ne peux pas donner mon attention uniquement à une seule personne.


DE LA SECURITE VERS L'AUTONOMIE


Ces limites ne sont sécurisantes que dans la mesure de notre propre sécurité intérieure. Car poser des limites, c'est aussi accepter qu'une situation n'aura peut-être pas le happy-end espéré, et même, de perdre la personne qui se trouve à l'extérieur de nos limites. On en revient malgré tout à la thématique de la dépendance affective. Combien faut-il s'aimer soi-même pour envisager d'être seul plutôt que mal (ou "inadéquatement") accompagné-e? J'ai frôlé ce sujet dans un article de blog précédent.


Qui nous rassure? Qui nous réconforte? Qui nous sécurise? Qui nous donne notre valeur? Vous sentez venir la réponse, n'est-ce pas: NOUS-MÊMES! Confier ces missions à un-e partenaire, à nos parents, nos ami-e-s, c'est nous rendre dépendant-e-s. L'apprentissage de l'autonomie est un chemin parsemé d'embûches, guetté par nos démons. Il implique de ne pas avoir peur de perdre l'Autre. Etre autonome, c'est être dans sa puissance, c'est garder sa couronne, cela permet de définir son territoire et poser ses limites, d'être entier-ère.


Ces belles perspectives créent le cercle vertueux du respect de soi en tant qu'individu: je suis en sécurité avec moi-même, je pose mes limites, je suis en adéquation avec mes besoins, je ne me coupe pas d'une partie de moi-même, j'augmente ma sécurité, je peux aller au-devant de situations que je ne contrôle pas avec confiance.


Et au final: j'ai la capacité de faire les choix qui me conviennent. Je me suis loyal-e. Je suis libre.




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Dans la passionnante série de podcasts "Nos fabuleux pouvoirs", emmenés par la thérapeute et coach de vie Johanna Guez, il est question des limites dans l'épisode 6: "Les relations qui nous challengent (vraiment)". Johanna apporte un éclairage intéressant issu de ses formations en Communication non-violente et transformation des pensées. D'autres clés pour affiner notre posture! >>> vers les podcasts




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